« Les hommes élèvent trop de murs et ne construisent pas assez de ponts » Isaac Newton

Partageons quelques bruits, quelques notes, des mots, des images, bref quelques bonnes ondes… L’onde comme véhicule d’une pensée. L’onde comme une turbulence, un choc plus ou moins violent qui transforme, déforme ou rétabli. Tout comme les ondes de choc d’un caillou jeté dans l’eau, qui ne coulent pas mais se propagent. La remise en question de nos carcans, de nos lois, de nos principes professionnels peuvent-être des ondes de chocs et source de changement.

Cette alchimie des énergies, cette onde que l’on n’ose nommer car la plupart du temps, on ne la comprend pas, va encore bien plus loin. Invisible, indicible, inodore, l’onde transforme en profondeur les choses, les êtres, nos métiers. Il favorise les relations et les interactions au quotidien. Une énergie, une onde à laquelle sans parfois le savoir, nous nous référons et dont nous parlons pourtant si peu. Les mots que nous prononçons, les idées que nous développons, les opinions que nous formulons, les émotions mêmes que nous ressentons, tout est perceptible sur un plan énergétique. Certains professionnels parlent de posture, d’autres de pensée positive, d’autres encore de ‘’vista’’. Ce qui est certain et vous l’avez sans aucun doute éprouvé, c’est qu’un sourire est avant tout, un état d’esprit. Les professionnels qui dans leur entreprise sont chargés du développement ne le contrediront pas. Un sourire même au téléphone cela s’entend…

Si nous souhaitons tous le changement, y sommes-nous réellement prêt ? Serions-nous si peu créatif que le simple fait d’énoncer pour soi la remise en question, donne immédiatement à nos pas la lourdeur d’un éléphant ?

Quand le graphique de l’encéphalogramme est plat, ce que je ne vous souhaite pas, c’est qu’il n’y a pas d’activité cérébrale. Notre sommeil profond, sans rêve est calculé entre à 0,5 et 4 Hz, alors qu’un processus créatif, la résolution d’un problème va tendre vers 35Hz. De ces activités, vont et viennent ces ondes. Emanant de nos deux hémisphères. A partir de ce constat, la science a depuis fait bien des progrès. Amélioration du sommeil, des fonctions immunitaires, l’apprentissage en accéléré, le développement de la créativité, les rêves éveillés et tellement d’autres choses que l’onde nous apprend chaque jour sur nous et à l’intérieur de nous. Serait-ce alors la peur qui nous pétrifie ? La religion qui nous empêche, les mathématiques qui nous contraignent ou tout simplement notre étonnante faculté de ne pas vouloir être étonné et surpris.

Relions une rive à l’autre, construisons un premier pont.

Un pont et un premier abandon. Un premier renoncement comme le début d’un long apprentissage. Mais le renoncement ne signifie pas l’austérité, c’est plutôt encore une fois, un état d’esprit. Une manière de lâcher prise pour être de plus en plus, totalement ouvert. Je pense que le travail ne consiste pas à renoncer à ce que nous sommes, bien au contraire, mais plutôt à apprendre de nos défauts afin d’être chaque fois un peu plus ce que nous sommes vraiment au plus profond de nous, sans question de trop, sans appréhension et avec la plus grande liberté. Etre à l’écoute de soi pour être à l’écoute de son équipe, de ses clients, de ses envies et des possibles.

Toute avancée, toute progression comporte une part de sacrifice. Renoncer au confort pour vivre l’aventure, à un certain égoïsme pour faire place à une intuition. Abandonner pour progresser, c’est peut-être aussi se rendre plus disponible pour soi mais aussi pour les autres. Impossible de maîtriser tous les paramètres, il nous faut composer avec les limites de notre savoir, des caprices du temps et de notre capacité à renoncer à tout contrôler. Quitte à se faire surprendre par le talent des autres. Apprendre même à un âge avancé à gérer les frustrations, comme d’abandonner la prise de parole. Au fur et à mesure de cet abandon de la parole, on constate que l’écoute est parfois bien plus importante et on comprend chemin faisant que la patience a une action bien plus efficace que la trop grande rapidité.

Qu’est-ce que l’on perd ? Qu’abandonne-t-on vraiment ?

A la force de petits abandons, à la lumière de renoncements plus ou moins importants, on réécrit notre histoire. Comprendre qu’il faut lâcher du lest pour avancer. Qu’il faut perdre un certain poids pour s’élever. Voilà notre premier talent professionnel. Une capacité à nous remettre sans cesse en question. Mettre parfois sa fierté de côté et accepter le regard de l’autre, les mots qui ne sont pas les siens. Accepter de donner sans recevoir, avec la plus grande justesse et humilité. Accepter de se défaire de l’étiquette que l’on propose sur notre profil linkedin et autres réseaux corporate. Accepter de se montrer nu, non comme un vers mais comme le professionnel que nous sommes, avec nos faiblesses et nos qualités. Accepter de renoncer à la tentation d’aller plus vite et se réconcilier avec le temps, avec son rythme à soi. Accepter et savoir s’entourer de talents, de personnalités fortes, de traces, de mémoires, d’expertises qui ne sont pas les nôtres. Accepter d’avoir peur, de douter. Comme un droit à l’erreur obligatoire et sain.

 

Bref, construire des ponts…