Kairos. Ce gros mot…

« Dans la mythologie grecque, il existe un petit dieu ailé nommé Kairos. La légende qui lui est attachée exprime bien les diverses manières dont nous pouvons affronter les événements qui se présentent à nous. Kairos a la particuliarité d’avoir une grosse touffe de cheveux sur la tête. Quand il passe à proximité de quelqu’un, il y a trois possibilités : soit nous ne le voyons pas, c’est alors l’inconscience des choses, soit nous le voyons mais nous ne le saisissons pas, la plupart du temps parce que nous avons peur de l’inconnu, soit nous saisissons ses cheveux…, et là un nouveau monde s’ouvre devant nous. En fait, Kairos est le dieu de l’opportunité, celle que nous devons saisir quand elle se présente. Et même si certains de nos choix nous coûtent cher et nous mettent dans des états qui nous font regretter de les avoir faits, ils démontrent notre courage à assumer notre mission de vie. Tous nos choix nous définissent. Ils nous mènent vers nous-même. Un nous-même plus grand, plus authentique. »

Extrait du roman Les Enfants de Tergaïa, d’Isabelle de Janville, Editions ALTESS

L’action aussi n’adviendrait pas à n’importe quel moment. Bien agir, ce serait agir quand il faut. Nous rencontrons là une idée familière, d’origine populaire : comme dit le forgeron, « il faut battre le fer quand il est chaud ». Cette notion est également présente dans la sagesse traditionnelle. L’importance du moment favorable à l’action est un lieu commun de la poésie grecque, comme chez Hésiode (Les travaux et les jours, vers 694). Le temps de l’action. Postuler l’existence d’un temps opportun pour toute action, c’est présupposer que les instants du temps sont qualitativement différenciés. S’il y a des instants indifférents, il y a aussi des « minutes enchantées ». Aux « moments arides » succéderont des « moments inspirés », des heures propices qu’il faut mettre à profit pour agir. Comme l’écrit Frédéric Laupies (manuel cité) « Pour elle (l’action) le temps n’est pas un continuum homogène : les moments ne sont pas interchangeables ». Le temps du kaïros – et donc celui de l’action – n’est pas seulement un temps qualitativement différencié, c’est également un temps irréversible. « Ce qui se présente ne sera plus », rappelait déjà Aristote. L’occasion d’agir est unique, elle ne connaît pas de seconde fois, elle n’admet ni répétition, ni réédition.

Et si nous nous entraînions un peu?

• Favoriser le Kairos
Atelier spécifique « match d’impro » suivi de différents exercices visant à fédérer le groupe autour de techniques d’innovations créatives et constructives.